Après “28 jours plus tard” et “Sunshine” — et étant un de ses plus grands admirateurs depuis ses débuts, je guettais avec un empressement inouï la sortie du tout nouveau long-métrage de Danny Boyle, “Slumdog Millionaire”.
Inspiré du roman “Q&A” — “Les fabuleuses aventures d’un indien malchanceux qui devint milliardaire” en français — de Vikas Swarup, le célèbre réalisateur britannique nous offre une adaptation cinématographique sur des thèmes plus que classiques — l’argent et ses conséquences, contant l’histoire de Jamal Malik, un orphelin de 18 ans, qui vit dans un taudis de Bombay.
Jamal est en train de vivre le jour le plus important de sa vie, il est sur le point de remporter la somme colossale de vingt millions de roupies lors de la version indienne de l’émission “Qui veut gagner des millions ?”. Il n’est plus qu’à une question de la victoire lorsque la police l’arrête sur un soupçon de tricherie.
Pour vous donner une brève idée du film, pensez à tout prix à visionner le trailer sur YouTube.

Comment un enfant de la rue peut-il connaître toutes ces réponses ? Pour prouver son innocence, Jamal raconte l’histoire de sa vie dans les bidonvilles où lui et son frère ont grandi, leurs aventures ensemble sur la route, leurs rencontres avec les gangs de rue et son amour pour Latika.
Sorti le 28 novembre dernier outre-atlantique, le film s’est déjà emparé de plusieurs récompenses, et les journalistes sont unanimes, c’est un véritable chef-d’oeuvre que nous offre une nouvelle fois Danny Boyle. Il a réussi une petite merveille, rendre émouvant et bouleversant un film qui gravite en grande partie autour d’un jeu qui chez nous est le porte drapeau de Jean-Pierre Foucault. Nul doute que cette production n’aurait pas remporté un tel succès si l’action s’était déroulée ailleurs qu’en Inde.
Boyle arrive à retranscrire parfaitement la culture indienne, il offre aux spectateurs des plans somptueux restituant la beauté littérale des paysages indiens et brosse un portrait saisissant de l’Inde contemporaine. Le film est emprunt d’une vitalité rafraîchissante, tapageuse, et le casting y est pour beaucoup. Freida Pinto crève l’écran et Dev Patel — connu pour son rôle dans la série anglaise “Skins” — démontre qu’il a tout d’un grand désormais.

Le traitement sonore est délicieux, choeurs indiens et rythmes modernes émanent tout au long du film.
Le montage simple mais ingénieux, couplé à une bande originale enivrante réalisée par A.R. Rahman — illustre musicien indien, casse l’image avec des flashbacks incessants, tellement invasifs que le plateau télévisé ne devient plus qu’un prétexte intelligent pour raconter une histoire splendide.
Boyle prouve donc une nouvelle facette de son talent. On pourra tout de même regretter une fin un peu insipide par rapport à l’émotion générale dégagée par le film, mais on sort malgré tout bien pris, ému et rêveur devant une histoire si touchante illustrée d’une bien belle manière.
À découvrir absolument, “Slumdog Millionaire”, une véritable découverte artistique et culturelle orchestrée par Danny Boyle, en salle dès le 14 janvier 2009.



