Au cours de l’histoire du cinéma, les cinéastes ont accordé de plus en plus d’importance à la bande son, dont la richesse est aujourd’hui un facteur essentiel de qualité esthétique et de succès public.
La musique de cinéma est un cas spécial de la bande sonore cinématographique qui comporte voix, effets sonores et musique. Il s’agit peut-être de l’élément le plus important des trois, du moins elle a souvent été traitée comme telle.
Je vous propose un petit résumé des pouvoirs de la musique sur l’image depuis les tout débuts du cinéma.
Sections :
Qu’est-ce qu’une bande originale ?
Pour Igor Stravinski, la musique est un « papier peint » pour le film ; il signifiait par là que la musique doit supporter l’image et l’histoire, mais ne pas prendre le pas.
De nos jours, on retrouve deux types de sons utilisés abondamment dans le cinéma sonore :
- Le son diégétique qui fait partie de l’action et peut être entendu par les personnages du film ;
- Le son extradiégétique qui, lui ne fait pas partie de l’action, comme la musique d’ambiance.
Implantation de la musique
La majeure partie du temps, le réalisateur est guidé par une musique, une chanson, un morceau qu’il a en tête, et qui pourra faire partie ou non de la musique du film. C’est une tendance assez courante reprise dans les séries télévisées (Nip/Tuck par exemple) mais qui a du mal à s’imposer de part sa qualité d’ensemble peu convaincante.
En effet, souvent, elle ne fait pas partie de l’élaboration du film et est commandée sur une fin de budget. Le compositeur doit alors s’arranger avec le film qui est déjà monté, et la qualité ne suit pas. Les grands réalisateurs préfèrent la deuxième option. Ils font appel à de grands musiciens bien avant le travail de post-production afin d’écrire intégralement des chansons pour le film, et seulement le film.
Le compositeur Hans Zimmer a su se démarquer du lot avec des bandes sons fantastiques comme “Le Roi Lion”.

La différence peut paraître anecdotique et pourtant, l’histoire nous a montré à travers des films comme “Napoléon Bonaparte”, “Fantasia”, “Star Wars” ou “Apocalypse Now”, que chaque avancée technique était le résultat d’un désir créatif, d’une volonté notoire de mise en scène, et c’est ce plus qui a indiscutablement cultivé la renommée des grands compositeurs.
La place de la musique au fil du temps
Le mariage de la musique et du cinéma n’a pas toujours représenté une évidence en soi, surtout pendant les premiers pas du cinématographe. Et si la musique a toujours eu sa place au sein du septième art, elle n’a pas toujours obtenu la reconnaissance qui aurait dû lui revenir.
À l’aube du cinéma, le son n’existait pas. Cependant, un pianiste ou un orchestre interprétait des airs célèbres, accompagnant ainsi les images qui défilaient sur l’écran. On parlerait aujourd’hui de “ciné-concert”.
Plusieurs raisons ont fait de la musique un élément indissociable du cinéma dès les années vingt. Tout d’abord, les premiers projecteurs étaient assez bruyants et la musique fut très vite un moyen simple mais utile de camoufler cette gêne auditive.
La bande sonore a également permis de donner un rythme aux images et d’adoucir la vision du cinéma qui, à l’époque, avait tendance à effrayer les populations qui n’étaient pas très friandes de salles totalement obscures et rebutantes.
Il aura fallu attendre plusieurs décennies pour se familiariser avec cette technique et en maîtriser le concept, créer un véritable langage cinématographique que l’on connait maintenant. C’est dans les années soixante-dix que le phénomène a complètement explosé avec des œuvres mélangeant tous les genres musicaux possibles et imaginables, mêlant violons et guitares électriques dans une même scène.
Parmi les pionniers à l’origine de ce bouleversement cinématographique, on retrouve John Williams à qui Steven Spielberg doit beaucoup, et Henry Mancini qui est ni plus ni moins l’homme qui a composé le thème de “La panthère rose”.
En ce qui concerne les films dramatico-romantiques — et mes préférences personnelles, voici deux chansons qui ont traversé le temps et marqué l’esprit des spectateurs comme jamais.
Love Story (1971)
Désireux de rattraper mon retard comme je peux sur les films intemporels, j’ai découvert “Love Story”, un film qui conte la rencontre d’un homme à Harvard issu d’une famille aisée, et d’une jeune fille qui travaille à la bibliothèque pour payer ses études.
Malgré le fait que ce long-métrage à — selon moi — très mal vieilli, la bande originale n’a quant à elle pris aucune ride et provoque toujours autant d’émois.

Love Story Theme, Francis Lai
Un classique signé Francis Lai qui a d’ailleurs obtenu pour ce chef-d’œuvre l’Oscar et le Golden Globe de la meilleure musique originale en 1971.
Une récompense somme toute méritée qui le propulsa au sommet de sa carrière.
Summer of ‘42 (1970)
Ayant vu “Un été 42” à l’âge du héros, l’effet était cathartique… Et pour cause, le film nous dévoile l’histoire d’Hermie, garçon timide et rêveur, qui se souvient avec nostalgie de cet été quarante-deux lorsqu’il avait à peine quinze ans. C’est alors qu’il fit la rencontre de Dorothy, une jeune mariée dont le mari était parti en guerre.
Un film sans dramatisation superflue, sans dialogues superficiels qui de toute façon paraîtraient faux, dans le contexte original, et une mélodie mélancolique parsemée d’un décor sonore fabuleux.
Photo de Michel Legrand (à gauche) lors d’une récéption à Paris.

Summer of ‘42, Michel Legrand
Un hymne à la passion stupéfiant, qui n’est sans rappeler la grandeur des compositions de Michel Legrand, distillées à de rares moments et parfaitement intégrées aux sons de l’environnement omniprésents dans le film.
Comme pour son homologue, Michel Legrand fut récompensé d’un Oscar pour cette composition qui transmet parfaitement les émois de l’adolescence.
Conclusion
La bande sonore est — et le restera pour longtemps — un élément déterminant dans l’émotion procurée par le film. Elle permet d’offrir un support l’émotion suscitée par le spectateur et d’appuyer plus ou moins le discours du réalisateur.
L’importance capitale de la musique au cinéma devient évidente si l’on considère de près ces deux extraits impressionnants, jouissifs, qui relèvent à quel point la musique a apporté au cinéma.
Si tous ces films deviennent légendaires de part ces scènes si époustouflantes et réalistes, il n’en reste pas moins que chaque musique qui accompagne dignement les scènes tournées, joue un rôle prépondérant dans l’acquisition du succès et dans la compréhension du scénario parfois capilotracté.



