Mes jambes, si vous saviez

Samedi 1 mars 2008

separation

Le corps de la femme est un temple secret où tout invite au recueillement et à la fascination. Pied, jambe ou même oreille, toute partie effleurée et appréciée peut être le lieu d’une fixation du désir érotique, indépendamment du désir cérébral.

Savoir admirer l’élégant et le beau, c’est aller puiser à la source des émotions inavouables et mettre en branle tout notre imaginaire. C’est aussi rendre sublime et gracieux l’acte sexuel pour qu’il soit emprunt de beauté.

En 1887, Alfred Binet résume ce sentiment par “On revient toujours à ses premières amours.” ; caractérisant ainsi l’expérience infantile et les premiers émois sexuels victimes d’une nourrice adoptant une indécence exagérée, ou d’une cousine aux courbes fabuleuses, comme fixation du fétichisme.

Freud affirme qu’il y a fétichisme sexuel chaque fois qu’une partie du corps ou un objet vient prendre la place de l’organe sexuel.

Malgré tout, décortiquer psychologiquement les raisons pour lesquelles un sein, une jambe ou des fesses nous bouleversent à ce point relève de l’utopie et porte un frein non-négligeable à nos fantasmes charnels qui alimentent notre appétit sexuel. Laissons-nous bercer par les vagues de l’océan du désir qui nous permettent de surfer jusqu’à la plage sauvage du plaisir des sens.

Je me souviens d’un été doux et reposant sur la côte d’azur, du mistral chaud qui venait lécher la surface de nos corps et de cette paire de jambes galbées. Je me souviens de cette plage, lieu propice à la découverte sexuelle, alliant corps à demi-nus et filles en bikinis, reflétant la chaleur d’un mois d’août.

Du haut de ses vingt printemps, elle affichait un sourire rafraîchissant et des cheveux mi-longs d’un noir absolu. Je devais avoir dix ans. Peut-être douze. Chaque jeudi et vendredi, elle s’allongeait à quelques centimètres de la troupe familiale qui m’entourait, et affichait un corps merveilleusement hâlé et des jambes gentiment musclées mises en valeur par un sublime bracelet blanc à la cheville droite.

Silencieux et ébahi, j’observais d’une façon insistante cette moitié de corps — des fesses aux orteils, scrutant ses genoux parfaitement dessinés et ses cuisses fermes. L’instant était à la fois agréable et embarrassant ; devant ma jeune et naturelle méconnaissance, gênée et à la fois ravie, elle m’excusait ces regards indiscrets que je posais sur ses jambes.

Des années plus tard, le souvenir reste intact et m’enivre encore certaines nuits.

Fétichiste ? Je dirais juste admiratif. Le fabuleux contour parfait d’une jambe légèrement musclée à la peau parfumée, douce, ambrée, est un divin délice sensoriel. Et puis, il y a aussi les oreilles sensibles qui frémissent et les pieds féminins. Mais ça, c’est une autre histoire.

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