Si la mode est un spectacle, le créateur new-yorkais Marc Jacobs, actuel directeur artistique de Louis Vuitton, est un disc-jockey azimuté qui fait feu de tout bois pour créer un look à nul autre pareil.
À la contenance trash mais chic, traits nonchalants et lunettes excentriques, cet ancien junkie de quarante-cinq ans n’est ni plus ni moins que l’inventeur du grunge glamour et le styliste le plus influent de sa génération.

Fervent amateur du monde artistique, je voue un culte notoire et un certain respect à ces gaillards légèrement détraqués qui possèdent une prodigieuse machine à idées et, dans le cas de Marc Jacobs, tentent d’abolir les frontières entre le beau et le laid, le riche et le pauvre, le parfait et le tordu.
Personne n’avait encore eu l’occasion de filmer Marc Jacobs à l’œuvre mais grâce à l’appui d’une proche du créateur, Dominique Miceli, Loïc Prigent est parvenu à se glisser dans les ateliers en ébullition, les bureaux et les coulisses des défilés.
Pour la première fois, il a laissé une caméra le suivre plusieurs jours, du matin au soir et du soir au matin, dans ses moindres déplacements : de son loft new-yorkais, aux ateliers de Louis Vuitton à Paris, à son défilé à Tokyo, en passant par des visites d’expos d’art et bien d’autres.
Défilé “Marc by Marc Jacobs”, printemps 2007, à New-York.

Diffusé le 13 mars dernier sur la chaîne Arte — et disponible en VOD ici, ce montage vidéo rempli de ruptures et de trouvailles subjuguera les néophytes de la mode et avides de jambes fines à tout va, en immergeant d’une façon remarquable le téléspectateur dans le rythme d’enfer qui est celui de la préparation d’un défilé.
“Marc Jacobs & Louis Vuitton”, un portrait d’une heure et vingt minutes d’un styliste génial et incontestablement modeste, à découvrir chez ArteVOD (en attente d’une rediffusion certaine).



