Coqueluche favorite de Karl Lagerfeld, corps efflanqué et chevelure sommaire, il fut “l’homme” de Dior qui adorait mélanger masculinité et féminité. Photographe au départ, devenu créateur de mode par hasard, Hedi Slimane a révolutionné la haute couture masculine trop classique à son goût.
À une époque reculée — avant d’émietter l’ancien blogue, j’avais déjà conversé autour des fabuleux clichés qu’avait saisi l’ex-styliste de Dior dans les coulisses du groupe Daft Punk.
Des instants happés d’une beauté notable, dans une maîtrise du noir & blanc indéniable, mais bien loin de la singularité du monde de Slimane, peuplé d’ados et d’éphèbes, de soirées rock et trash, et de lieux déserts.

Inutile d’éplucher son journal photographique à la recherche de palaces luxueux, grosses cylindrées et champagne millésimé ; ce créateur puise ses idées dans les voyages, les nombreux concerts arrosés d’alcool “premier prix”, et dans ses rencontres avec Charlotte Gainsbourg, Amy Winehouse ou encore Kate Moss.
Grand admirateur du chanteur à scandales Pete Doherty, il réalise au printemps 2005 un numéro spécial de Libération le concernant, et réitère la même chose en 2008 pour Kate Moss.
Photos de Kate Moss pour Libération, par Hedi Slimane.

Son objectif empoigne, dans une intimité bigrement retranscrite, l’émotion du rock à travers des illustrations de grands artistes musicaux british — sur scène ou en backstage, et des portraits de jeunes londoniens et londiennes hystériques.
Outre l’aspect humain et juvénile de ce diary, les objets quels qu’ils soient jouent également un rôle important dans ses créations.

Un photoblog à ne surtout pas omettre donc, qui, malgré une présence masculine non négligeable et imposante, offre plus de huit cents clichés en noir & blanc d’un univers captivant mélangeant attitude rock et mode rétro pop.
Un véritable régal pour les yeux.



