Nous sommes le 7 juin 2007. Chaque fois, la même image se répète. Que ce soit au Coachella ou ici à Paris, ils affichent une grande croix blanche lumineuse, encastrée dans deux murs d’amplificateurs Marshall, objet culte du rock. Au coeur de cet amas de symboles religieux, musicaux et graphiques, Xavier de Rosnay et Garpard Augé, les derniers nés du label EdBanger plus connus sous le nom de Justice.
Certains les comparent déjà aux grands Daft Punk, les pilliers de la french touch, de dix ans leurs aînés. C’est donc quatre jours avant la sortie le 11 juin de leur premier album au nom imprononçable “†” que Justice s’est réuni à la Cigale pour jouer en exclusivité leur musique découpée, avec des voix d’ados sexy, mais surtout un son brutal, effrayant, greffé à du disco sur un squelette techno.

†, Justice
Malgré les reproches plutôt faciles lancés envers le nouveau duo électro parisien, c’est toute la critique rock-pop-électro qui était au rendez-vous pour assister au concert avec les bras levés en direction de la croix.
J’aurais dû faire parti de cette communion que beaucoup pourraient qualifier de sectaire au vue des centaines de croix tenues par le public, mais à mon grand désarroi un empêchement de dernière minute m’a privé de cette hystérie collective éprouvante mais tellement jouissive à en voir les vidéos rapportées sur la toile de leur prestation.
Quoiqu’il en soit, énormément de fans les attendent au tournant dans le monde entier. Là où les Daft Punk règnent avec un tempo légèrement ralenti, basse implacable pour le premier album et d’animations japonaises pour le second ; Justice impose d’entrée son style de bruit découpé puissant avec des samples de toute variété.
Leur World Tour promo est désormais lancé, c’est à eux maintenant de faire en sorte que le buzz qu’ils ont provoqué ne soit pas prêt de s’arrêter.
Quant à ma personne, faute de les avoir malheureusement manqués la semaine dernière, je me contenterai des Daft Punk à Bercy dans deux jours, avec plus de quinze mille personnes annoncées et le non-moins-célèbre SebastiAn en première partie, un rêve de gosse.



