28 semaines plus tard

Lundi 3 mars 2008

separation

J’ai toujours eu un penchant caché pour les scénarios à l’hémoglobine facile où le monde se voit désorienté au possible ; et je dois dire que la saga des “28 [..] plus tard” me comble parfaitement à ce niveau.

Mais dans un premier temps, replantons brièvement le décor du premier opus de la saga, 28 jours plus tard.

London fury

Avant sa sortie en salle, ce long-métrage britannique au budget restreint ne donnait en aucun cas l’apparence d’un film à succès. Et pourtant, lorsqu’il apparut en France le 23 mai 2003, 28 jours plus tard se retrouva en tête du box office pendant quelques semaines imposant une nouveau style de films d’épouvante mélangeant science-fiction et dure réalité.

À la première lecture du scénario, on pouvait s’attendre à quelque chose de peu original ; les histoires de quelques énergumènes qui tentent de rester en vie après un désastre, c’est loin d’être nouveau.

Danny Boyle a également réalisé les somptueux films “La Plage” et “Sunshine”. Il fera l’objet d’un article un peu plus tard.

Mais Danny Boyle — le réalisateur de ce premier opus — nous offre un chef-d’oeuvre cinématographique alliant une excellente mise en scène et un thème musical hors du commun qui renforce inévitablement le sentiment général du film. Le réalisme est tel qu’on entre très vite dans la peau de Jim — un coursier, qui se réveille après un profond coma dans un hopital abandonné et une ville de Londres totalement vide, sans âme.

Un virus s’est étendu sur toute l’Angleterre et les contaminés ne sont ni plus ni moins que des zombies à la quête de sang frais. Les premières minutes sont silencieuses et pourtant très intenses : La vision de Londres post-apocalypse est d’une beauté saisissante (tournée en DV).

Je ne peux que vous inviter à le visionner histoire de ne pas vous saboter le plaisir et, sachez que même pour les non-initiés aux films de ce type, on est très vite pris dans l’engrenage et l’atmosphère apocalyptique tout simplement parce que ce genre de scénarios nous amène des questions : à quoi ressemblerait notre vie dans un cas similaire ? Comment le comportement de l’être humain évoluerait-il ?

Danny Boyle résume d’ailleurs parfaitement le ton de son oeuvre :

“28 jours plus tard, ce n’est pas un film sur des monstres, c’est un film sur nous-mêmes.”

La somptueuse interprétation de Cillian Murphy donne une intensité surprenante à son personnage et fait percevoir la tragédie de celui qui, brusquement seul au monde, doit à la fois réinventer sa vie et reconstruire une société.

Comme dans la majeure partie des cas, une suite a été commandée aux vues du boom qu’a suscité le film et c’est pourquoi on se retrouve avec un 28 semaines plus tard depuis le 19 septembre 2007, qui s’annonce être le second opus d’une longue série.

Maintain the quarantine

L’histoire reprend quelques six mois après la fin du premier volet avec un nouveau réalisateur de nationalité espagnole, Carlos Fresnadillo.

Un virus a décimé une partie de la population londonienne et a transformé les survivants en monstres hystériques et assoiffés de sang. Aujourd’hui, avec les forces armées américaines, le virus semble totalement éradiqué. Ceux-ci se chargent donc de la reconstruction et de la repopulation de la capitale anglaise.

La bande originale est signée John Murphy à nouveau. La scène du début est projetée avec la musique “in the house” rendant le moment époustouflant et si réaliste.

Dans sa globalité, le film est beaucoup plus sombre que le premier mais tout aussi psychologique — bien que la surprise du premier métrage n’est plus. Certaines scènes frisent la perfection, on retiendra notamment la course poursuite entre les contaminés et Robert Carlyle au tout début du film qui, à mon sens, est une des plus belles scènes du film. Celui-ci venant d’abandonner sa femme aux monstres se retrouve poursuivi par des centaines de contaminés entre les champs et les villes abandonnées.

Une scène haletante et relativement longue, accompagnée d’une bande son utilisée à bon escient et toujours aussi fantastique, rendant les scènes beaucoup plus dynamiques et terriblement effrayantes.

Le film repose sur un scénario d’une richesse immense, chargeant sans aucune gêne la politique militaire dépravante du gouvernement Bush, représentant d’un État qui se veut comme le pompier du monde et qui, au final, plonge un peu plus le monde dans le chaos par leur négligence et leur incapacité à analyser les situations critiques.

Le film décrit aussi avec talent les espoirs, les désillusions de chacun, assène un portrait cinglant de l’Homme dans toute sa lâcheté, faisant ressurgir l’individualisme ambiant de notre société.

Le film se clôt sur une incroyable fin — au Trocadéro à Paris, que les infectés semblent avoir conquis comme une bonne moitié de l’Europe, et qui présage une suite que l’on espère aussi réussie que celle-ci.

À surveiller, en 2009, “28 months later”.

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