Kauai: L’autre ile d’Hawaii
Vendredi, décembre 21st, 2007Le week-end dernier j’ai eu la chance de partir trois jours sur une autre île de l’archipel d’Hawaii, Kauai. Cette minuscule île se situe à l’ouest de l’île d’Oahu (où se situe Honolulu) à environ 200 kilomètres. Elle est surtout connue dans le monde à travers de nombreux films à succès comme “Jurassic Park“, “Godzilla” ou encore “King-Kong“.

C’est la plus vieille des îles principales de l’archipel d’Hawaii et la quatrième par la superficie, avec 1 430,43 km². Elle est aussi connue sous le nom de “Garden Isle“. Je suis parti sous l’épaule de l’école Global Village où j’étudie depuis bientôt huit semaines avec une douzaine d’autres étudiants dont trois Français pour un prix avoisinant les 250 dollars (soit 170 euros) pour les billets d’avion, la location des chalets et des vans, sans la nourriture.
Au programme, visite du Waimea Canyon, baignade dans une cascade, randonnée dans une célèbre vallée et bien sûr pas mal d’alcools et de soirées. Voici un petit compte rendu de ces soixante-douze heures passées sur Kauai.
Après mon habituelle et agréable matinée de cours en classe TOEFL, je sors me restaurer avec quelques copains pas très loin de l’école sur les coups de treize heures. Je n’avais pas encore préparé mes affaires et je me devais donc de retourner assez rapidement à la maison pour faire mon sac, le vol étant prévu à 18h. De ce fait, mais aussi parce qu’il fallait être une heure avant le décollage à l’aéroport et que j’avais une bonne demi-heure de bus avant de rentrer, je repars chez ma famille d’accueil dès la fin du repas. Le temps avait été pluvieux en grande partie toute la semaine et aucun changement était annoncé dans les heures à venir.. Pas grave.
J’arrive à prendre un bus aux alentours de 15h30 mais avec les intempéries et un trafic étrangement élevé à cette heure-ci, je mets presque une heure pour rejoindre le quartier de Kalihi. Il ne me reste pas beaucoup de temps pour préparer ma valise : short, serviette de bain, jeans, chaussures, shampoing.. Pas suffisamment de choses qui nécessitent de prendre un gros sac, je bourre ma sacoche et je file prendre le bus pour être à l’heure, passeport à la main. Manque de bol pour moi, le bus ne passe pas. C’est ça l’inconvénient de vivre sur une île, le rythme de vie est très lent ! J’appelle Mical ( une Suisse, 21 ans ) qui devait me rejoindre. On tente de prendre un taxi, sans succès. Finalement, le père de famille qui l’héberge nous amène au terminal d’Hawaiian Airlines en catastrophe une quarantaine de minutes avant le décollage. On rejoint deux autres Suisses, Natacha, 20 ans et Nelson, 23 ans.
Le directeur des activités Philip et le directeur des élèves Josh finissent par nous rejoindre et nous sommes désormais une quinzaine de personnes à embarquer porte cinq pour un vol d’environ trente minutes.. si tout va bien.

Même pas le temps de réécouter une deuxième fois le rappel des Daft Punk à Bercy, l’équipage de bord demande gentillement à ce que tous les appareils électroniques soient coupés pour l’atterrissage. L’avion se pose difficilement et les récentes pluies n’arrangent en rien la douceur de l’évènement. Un petit aquaplaning et nous voici à l’aéroport de Lihue, capitale de Kauai. Le temps de fumer quelques cigarettes pour patienter, les deux responsables partent chercher les vans qu’on a loués pour le week-end. Il est alors 18h45. Une demi-heure plus tard, nous nous dirigeons vers le seul grand centre commercial de l’île histoire de faire nos provisions pour les deux jours complets à venir.
Naturellement, des groupes se sont formés à ce moment-là : d’un côté les frenchies au nombre de cinq, les suisses-allemands et les espagnols ou brésiliens. Mais c’était absolument involontaire, naturel et non parce que ça embêtait un paquet de gens de parler anglais. L’idée était d’organiser un “potluck” (sorte de buffet) où chaque équipe apporterait un plat de son pays d’origine le samedi soir. Ce fut relativement difficile de se mettre d’accord sur quoi faire, quoi prendre pour manger pour le lendemain et caetera. Au final, on a opté pour la facilité avec des frites, du jambon, des saucisses et du poulet, le tout accompagné de deux bouteilles de vin rouge. On en a eu pour plus de 190 dollars ! Mais la bonne nouvelle était que tous les groupes avaient acheté de l’alcool au passage, la soirée s’annoncait donc très bien.
Après plus d’une heure à courir entre les rayons, on a repris les vans direction la pleine cambrousse dans les montagnes à la recherche de nos chalets. Les routes étant très étroites et sinueuses, on a mis plus de quarante-cinq minutes pour rejoindre notre campement, sur les coups de 21h. C’était un petit camp composé d’une douzaine de chalets très bien équipés d’ailleurs vu leur localisation au milieu de nulle part. Il y avait donc une petite cuisine avec un réfrigérateur pour mettre nos bières, deux chambres ainsi qu’un lit dans le salon, une cheminée pour sécher nos chaussettes, une salle de bain avec de l’eau chaude.. Le panard en quelque sorte.
À peine le temps de ranger nos courses qui avaient bien eu le temps de dégeler avec le trajet en voiture que tous les étudiants rejoignent le chalet principal bières et alcools forts à la main, pour commencer la soirée tranquillement. On a compté environ 160 bières pour quinze personnes, pour dire la quantité d’alcool ce soir-là ! La soirée se passe, on discute avec tout le monde et plus précisément avec les gens qu’on ne connaissait pas encore à l’école, ça nous fait travailler notre anglais sur un fond de Bob Marley. On descend pas mal de bières et puis on a été raisonnable, on s’est couché à quatre heures du matin car la journée suivante s’annoncait très fatigante.
Je rejoins mon chalet, boit quelques bières avec mes copains français et je m’endors sur mon lit sans avoir eu le courage de le faire.. Ah l’alcool.
Le réveil était fixé à huit heures. Après une soirée bien arrosée, les cadavres déshydratés que nous sommes ont beaucoup de mal à se lever d’autant plus qu’il a plu toute la nuit ce qui n’a pas rendu le sommeil facile.. On prépare nos sandwiches pour la journée et on décolle aux environs de neuf heures trente pour Kololo Valley et une randonnée de plus de deux heures, sic. Je n’avais rien prévu pour ça mis à part mon jean abercrombrie fraîchement acheté et mes converses. Le sol était gorgé d’eau, ça s’annoncait très mal et ce fut le cas ! On s’arrête deux trois fois pour prendre des photos de l’île de Niihau. C’est une magnifique île d’à peine 180km² appartenant à la famille Robinson depuis plus d’un siècle et qui ne compte qu’une centaine d’habitants à son actif.
Puis on reprend la route direction le hiking (la marche). Vu les intempéries de la veille, Philip avait décidé de réduire la marche et de faire la plus courte. Mais franchement, c’était loin d’être le cas, elle a duré plus de deux heures ! Interminable, surtout avec ce temps et l’attention qu’il fallait porter pour ne pas se salir (impossible). En tout cas, le lieu était magnifique et le hiking se déroulait sur une ancienne coulée de lave. C’était assez glissant à cause des récentes averses mais la vue était superbe.
Dommage que les nuages étaient de la partie sinon le spectacle aurait été d’autant plus admirable.
Sur la première partie du circuit ce n’était que de la descente certes glissante, mais très appréciable. De chaque côté du chemin nous guettait un ravin de plus de 700 mètres sans aucune protection et ça n’avait pas l’air de dissuader les autres étudiants qui étaient avec moi pour prendre des photos à quelques centimètres du bord, outch. Les premières pentes se font ressentir et j’apprends par la même occasion qu’il n’y a qu’un chemin et qu’il nous faudra refaire la marche dans le sens inverse pour repartir.
La pluie commence à s’en mêler et rend la tâche de plus en plus ardue. Je me retrouve avec le jean et les converses sous une couche de boue collante qui ne me permet plus de distinguer les couleurs de mes chaussures ! Mais on positive, on positive, c’est beau c’est joli, on voit rien à cause de la pluie et des nuages, nous sommes trempés.
Après s’être légèrement perdus, nous finissons sans encombres cette marche en plus de deux heures trente.. Le temps d’enlever le surplus de boue sur nos vêtements dans les toilettes et nous voilà repartis sur la route après une petite pause déjeuner bien sympathique, au milieu de nulle part. Notre van est maintenant un véritable repère à boue et la moitié des étudiants dorment pendant le trajet. Nous nous dirigeons maintenant vers une cascade ou chute d’eau comme vous voulez pour s’y baigner, en plein milieu de la jungle !
Voici une petite vidéo pour vous montrer à quel point j’étais paumé..
Au départ comme vous pouvez l’entendre, Philip ne voulait pas qu’on aille dans l’eau. Et pour cause, il venait de pleuvoir pendant plus de dix minutes non stop à un rythme effréné et le courant était beaucoup trop dangereux pour se baigner. Mais un peu plus tard ça s’est calmé et la majorité des étudiants se sont baignés et ont pu se jeter depuis la cascade c’était super sympa comme expérience. La couleur de l’eau laissait à désirer mais c’était trop tentant pour ne pas sauter dedans. Sensations assurées !
Pour finir la journée en beauté, nous sommes allés sur une célèbre plage du Nord de l’île où se cotoient les plus grands hôtels de l’île à la manière de Waikiki (Sheraton, Hilton..). Le temps était nuageux et ça ne rendait pas très bien pour une plage habituellement très belle. Quelques courageux se sont tout de même baignés à nouveau en faisant attention de ne pas rentrer en contact avec le phoque qui était présent sur la plage, si si je vous jure.
J’étais dans un état lamentable en fin de journée et vu le peu de choses que j’avais pris pour ce voyage je ne savais pas comment j’allais pouvoir tenir jusqu’au dimanche soir ; l’humidité étant beaucoup trop élevée pour permettre à nos vêtements de sécher correctement. À 17h30, on entâme le chemin du retour vers nos habitations, crevés au possible par la marche et la baignade. Inutile de vous dire que tout le monde dormait dans le van. Nous sommes rentrés sous les coups de 19h30 et après une bonne douche bien chaude, on a allumé la cheminée pour tenter de sécher nos pantalons et nos chaussures, en vain.
Sur les coups de 21h, la soirée “potluck” commence. Chaque équipe s’est enfermée un petit moment dans son chalet respectif pour préparer le repas et nous nous sommes retrouvés dans un même chalet avec tous les plats étendus sur la table, bière à la main et musique reggae.

Je ne me souviens plus exactement comment j’ai fini la soirée mais c’était pas très beau à voir en tout cas ! En ce qui concerne les plats que l’on a pu déguster, c’était délicieux. Les suisses nous ont fait des sortes de toasts avec un mélange de je ne sais plus quoi. C’était bien épicé mais très bon. Les brésiliens et les espagnols nous ont fait une vingtaine de tacos et enfin le dernier groupe a joué la facilité avec des pâtes carbonara et/ou bolognaise mais c’était un régal de manger à nouveau des pâtes après tant de semaines sans.
Aux environs de trois heures du matin, la musique s’arrête, on range tout et on va se coucher. Petit trou noir et..
Je me réveille dans un lit que je connais pas avec trois autres personnes. Sursaut. Les trois autres personnes ne sont ni plus ni moins que les trois français que je cotoie depuis un bon bout de temps.. Soulagement, j’ai dû m’endormir en discutant. La journée s’annonce rude. On passe une bonne partie de la matinée à nettoyer les chalets et faire de nouveau nos bagages puis on quitte les lieux vers midi direction le Waimea Canyon (le plus grand canyon du Pacifique) qu’on devait voir la veille mais la météo n’était pas très bonne.
Les canyons sont normalement formés par un processus d’érosion mais celui de Waimea a également été crée par l’effondrement d’un volcan, qui a donné ainsi naissance à Kauai qui je vous le rappelle, est la plus ancienne île de l’archipel d’Hawaii. La rivière Waimea a par la suite provoqué une incision et le reste du canyon a continué à être taillé par des rivières et inondations venant du sommet du mont Wai’ale’ale, il y a plusieurs millions d’années. D’une longueur de 16 km et d’une profondeur de 900 mètres, le canyon offre un paysage fantastique et sauvage avec des chutes d’eau, des forêts et des pistes de randonnée intéressante pour les initiés.
Nous nous sommes arrêtés à plusieurs observatoires pour prendre des photos du canyon. Parmi eux, le “Pu’u Ka Pele” lookout fut très impressionnant avec une vue directe sur les chutes d’eau “Waipo’o Falls“.

Un très bon moment.
On s’est ensuite restauré dans le célèbre Bubba Burger de Kauai où sont passées pas mal de célébrités comme Bill Clinton, Tom Cruise, le chanteur des Red Hot Chili Peppers.. Comme son nom l’indique, c’est un restaurant du type fast-food mais qui comme beaucoup de restaurants aux USA, fait ses hamburgers avec des produits exclusivement frais. Rien à dire, après deux jours de sandwiches assez mauvais, ce fut un régal de manger mon Double Bubba Burger avec des frites et un pepsi bien froid.
Puis pour finir ce week-end tranquillement après une digestion difficile, nous nous sommes rendus sur une magnifique plage dans l’ouest de l’île qui ressemblait étrangement à celle de Lost. La plage se situait à proximité d’une profonde grotte et était exclusivement dédiée aux surfeurs tellement le courant et les vagues étaient importantes ! Mais c’était vraiment quelque chose d’impressionnant car c’est ça la vie hawaiienne, la vraie. Loin d’Honolulu et de l’influence américaine, c’est sur les autres îles de l’archipel ou tout simplement en dehors des grandes villes qu’on rencontre la vraie population et le mode de vie typiquement polynésien.
On comprend mieux pourquoi un paquet de gens les envient : maison en hauteur à quelques mètres de la plage, perdue au milieu de la jungle avec les enfants qui se donnent au surf tous les après-midi. C’est incroyable et ça laissera rêveur plus d’un touriste en visite dans l’archipel.

Nelson et moi-même avons tenté à plusieurs reprises d’affronter les vagues, en vain. La force des vagues était non-négligeable et le courant nous portait dangereusement vers le large à une vitesse incroyable. Flippant.
Le temps presse, le vol retour est prévu à 17h et nous sommes de l’autre côté de l’île ! Une petite visite dans la grotte, quelques photos, et Philip nous dépose devant l’aéroport vingt minutes avant la fin de l’embarquement. Pendant que l’on court dans les couloirs à la recherche de l’avion, Philip & Josh eux devaient ramener les vans à quelques minutes de l’aéroport et revenir à pied. L’écran affiche “Final Call“, on rentre en trombe dans l’avion qui décolle quelques minutes plus tard pour Honolulu.
Au final, un week-end terriblement affecté par la pluie mais qui fut très enrichissant culturellement parlant. L’île de Kauai est un véritable paradis sur Terre même avec des nuages plein le ciel et du vent ! J’ai pu également rencontrer des étudiants jusqu’alors inconnus et ce mélange de cultures durant trois jours dans des chalets perdus dans la forêt fut exceptionnel. L’adaptation fut facile, la cohabitation aussi. Les deux soirées furent une grande réussite et terriblement chaleureuses.
Prochaine étape l’île de Big Island où se trouve une ramassée de volcans (voire uniquement ça) et l’île de Maui qui ressemble à peu de choses près à l’île de Kauai, en plus sauvage.
À bientôt.






